Une première dans l’histoire de la Fondation Francqui : Le prix Francqui 2019 est attribué à trois économistes pour leurs recherches communes innovantes relatives à l’impact des décisions des ménages sur le bien-être individuel

Le prix Francqui 2019, décerné cette année dans le domaine des sciences humaines, a été attribué non pas à un, mais à trois économistes : Laurens Cherchye et Frederic Vermeulen, professeurs à la KU Leuven, et Bram De Rock, professeur à l’Université libre de Bruxelles. C’est la première fois dans l’histoire de la Fondation Francqui qu’une équipe de chercheurs est mise à l’honneur. Ils ont été récompensés pour leurs recherches innovantes relatives à l’impact des décisions des ménages sur le bien-être individuel par un jury d’experts internationaux. Les trois économistes ont développé conjointement une méthodologie leur permettant d’expliquer et de prévoir de manière fiable les choix individuels ainsi que la répartition de l’argent et du temps passé dans les différentes activités au sein des ménages. Les recherches ont été saluées en raison de leur importante pertinence sociétale : elles pourraient en effet permettre d’évaluer l’impact de mesures publiques, comme une réforme de l’impôt sur le revenu ou de la législation en matière de divorce, sur les décisions des ménages et le bien-être individuel au sein de ceux-ci.

La remise officielle du prix par le Roi aura lieu le 6 juin au Palais des Académies.

Le ménage en tant qu’ensemble complexe d’individus

Les recherches se sont concentrées sur l’analyse du comportement dit « de choix » des individus dans les ménages, sur base du « modèle collectif ». Ce modèle économique date de la fin des années 80 et tient compte expressément du fait que les individus ont leurs propres préférences dans les ménages pluripersonnels. Les économistes ont étendu ce modèle et développé une méthodologie permettant non seulement d’expliquer, mais aussi de prévoir les choix individuels ainsi que la répartition de l’argent et du temps passé dans les différentes activités au sein des ménages.

C’est notamment dans ce pouvoir prévisionnel que réside l’immense contribution sociétale de ces recherches. L’influence de nouvelles mesures politiques, comme les allocations familiales ou certains taux d’imposition, sur la répartition du temps et de l’argent au sein d’un ménage pourrait en effet être ainsi mieux évaluée. Par ailleurs, la méthodologie permet de mesurer la pauvreté et l’inégalité avec plus de précision que les méthodes qui sont d’usage actuellement. L’une des conclusions majeures à ce jour est l’existence d’une répartition inégale, entre les membres d’un ménage, de l’argent et du temps passé dans les différentes activités. Pire encore, dans les chiffres standards sur la pauvreté, celle des femmes dans un ménage est systématiquement sous-estimée.

« Les études relatives au comportement des consommateurs partent généralement du principe que les ménages se comportent comme un seul décideur, dans une approche dite unitaire. L’introduction de nouvelles mesures publiques se base trop souvent sur ce principe, alors qu’un ménage connaît des interactions complexes et des positions de négociation différentes entre ses membres. C’est par notre regard critique sur l’approche unitaire et par notre ambition, en tant que scientifiques, d’expliquer et de changer le monde que nous avons conçu cette méthodologie », expliquent les lauréats.

Le tout est plus que la somme des parties

C’est en 2004 qu’a commencé l’agenda commun des recherches et la profonde amitié entre les professeurs Cherchye, De Rock et Vermeulen. Ils ont publié leurs recherches dans des revues spécialisées de renommée internationale comme Econometrica, American Economic Review, Journal of Political Economy et Review of Economic Studies. Outre de nombreuses reconnaissances individuelles, leur travail commun a été récompensé en 2008 par le prix de la « Vereniging voor Economie » et, en 2015, par le premier « Pioniersprijs van de Humane Wetenschappen » de la KU Leuven. Entretemps, ils ont également fondé ensemble le groupe de recherche GARP (Group for the Advancement of Revealed Preference), composé d’une vingtaine de chercheurs de la KU Leuven et de l’Université libre de Bruxelles.

Selon leurs propres dires, les lauréats sont ravis que le prix Francqui ait été attribué pour la première fois à une équipe de chercheurs, démontrant la force de leur collaboration et de leurs expertises complémentaires ; un exemple éloquent qui prouve qu’en matière de recherches académiques, le tout représente plus que la somme des parties. C'est avec de tels ingrédients, qui font leur succès, qu'ils s'investissent depuis de nombreuses années dans leurs recherches en plus de leurs autres fonctions, à savoir vice-doyen, doyen de campus et rédacteur-en-chef d’une revue économique de renom.

Un prix prestigieux

Le prix Francqui est parfois aussi appelé le « prix Nobel belge », ce qui s’explique par l’histoire riche et le rayonnement international de ce prix. La Fondation Francqui a été créée en 1932 par le diplomate belge Émile Francqui et le président américain de l’époque, Herbert Hoover. À l’issue de la Première Guerre mondiale, tous deux ont investi dans diverses organisations scientifiques afin de stimuler la recherche en Belgique. Aujourd’hui, le conseil d’administration multidisciplinaire de la Fondation est présidé par le Président d’Honneur du Conseil européen et ministre d’État Herman Van Rompuy, ainsi que par l’Administrateur-Délégué et Professeur Pierre Van Moerbeke, lui-même ancien lauréat du prix Francqui.

Chaque année, la Fondation Francqui octroie une somme de 250.000 euros à un scientifique issu tour à tour des sciences exactes, des sciences humaines, de la biologie et de la médecine. Plusieurs lauréats du prix Francqui ont par la suite reçu des prix internationaux, et parfois même le prix Nobel. C’est ainsi que les lauréats belges du prix Nobel de chimie, de médecine et de physique Ilya Prigogine, Christian de Duve et François Englert ont respectivement remporté le Prix Francqui en 1955, 1960 et 1982.

La remise officielle du prix Francqui 2019 se tiendra le 6 juin prochain au Palais des Académies.

Vous trouverez dans le dossier de presse plus d'informations sur les recherches des lauréats, leur parcours, le Prix Francqui et les membres du jury de cette année.

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Un prix prestigieux

Le prix Francqui est parfois aussi appelé le « prix Nobel belge », ce qui s’explique par l’histoire riche et le caractère international de ce prix. La Fondation Francqui a été créée en 1932 par le diplomate belge Émile Francqui et le président américain de l’époque, Herbert Hoover. À l’issue de la Première Guerre mondiale, tous deux ont investi dans diverses organisations scientifiques afin de stimuler la recherche en Belgique. Aujourd’hui, le conseil d’administration multidisciplinaire de la Fondation est présidé par le Président d’Honneur du Conseil européen et ministre d’État Herman Van Rompuy, ainsi que par l’Administrateur-Délégué et Professeur Pierre Van Moerbeke, lui-même ancien lauréat du prix Francqui.

Chaque année, la Fondation Francqui octroie une somme de 250.000 euros à un scientifique issu tour à tour des sciences exactes, des sciences humaines et des sciences biologiques et médicales. Plusieurs lauréats du prix Francqui ont par la suite reçu des prix internationaux, et parfois même le prix Nobel. C’est ainsi que les lauréats belges du prix Nobel de chimie, de médecine et de physique Ilya Prigogine, Christian de Duve et François Englert ont respectivement remporté le Prix Francqui en 1955, 1960 et 1982.